Drive (Refn) : parler ou conduire

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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Invité le Dim 9 Oct 2011 - 22:14

Faut aller jeter un p'tit coup d’œil du côté des fun-winners, ça dépote.


Spoiler:
Je me suis pris une giga claque. J'ai trouvé ça franchement sublime, à mes yeux c'est un chef-d’œuvre, assurément un film-culte-né. Longtemps je n'avais plus vu une aussi belle mise en scène (et la bande-son qui va avec, j'étais quasi en extase du début à la fin), une atmosphère aussi belle (bien tendue quand il faut), mais alors Ryan Gosling, il est superbe, il fait le film, il EST le film. Ce personnage est juste mythique... Il ont vraiment créé quelque chose. Et même avec cette stylisation et ces accès de violence extrême, le film arrive à toucher car le parcours du héros tragique est magnifiquement raconté. Je n'ai franchement rien à redire, le prix cannois est une évidence (pour moi il aurait même pu avoir la Palme - on Palme bien Pulp Fiction et Taxi Driver), ce film est une pure bombe, j'ai eu du mal à me relever de mon siège tellement j'étais sur le cul.

6/6 évident - et mon premier de l'année.

EDIT: et il me FAUT cette BO NOW!



Première chose, que j'ai envie de dire très vite, je n'avais encore jamais vu jouer Ryan Gosling et je dois dire que j'ai été ébloui par sa performance. En tant que mâle hétérosexuel, je ne ressens quasiment jamais rien de physique pour un acteur, mais ici je dois avouer qu'il s'est produit quelque chose d'assez indéfinissable chez moi, comme un mélange de fascination et de pure admiration. Je pense être encore très loin du coming-out mais je dois dire que j'ai été scotché par ses moindres faits, gestes et paroles. Il est d'un magnétisme phénoménal.


Après le guerrier silencieux, le conducteur silencieux,.. Nicolas Winding Refn à fait le plus grand film des années 80 en 2011,.. mieux vaut tard que jamais,.. Un vrai-faux-faux-vrai faux film kitsch et ringard mais surtout un film étrangement bouleversant qui parvient à sauter de Somewhere de Coppola, à Blade runner, en passant par Collateral et Terminator (d'autres grands films sur Los Angeles eux-aussi), tout en jetant bien sur , un oeil du coté de la cote Est, dans le rétroviseur de Taxi Driver ; un kaléidoscope d'impressions et de références, à la foix subtiles et grotesques; d'ailleurs tout le paradoxe du film est la; c'est un film subtil très grotesque ou , peut-être , au contraire, un film grotesque et subtil, mais c'est en tous cas un très beau et grand film.

6/6


Oui, aujourd'hui, c'est pratique du lien social transversal, pour alimenter les shoutboxs.



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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Invité le Dim 9 Oct 2011 - 22:59

erwan a écrit:... la tête éclatée (déjà dans VR, Lynch dans Sailor et Lula)


Et aussi:




Et uniquement par la puissance de l'Esprit, s'il vous plaît! Bref, une autre époque, un autre art de vivre...


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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Chocobox le Lun 10 Oct 2011 - 15:19

je propose que l'on rematte The Driver de Walter Hill à la place. C'est quand même moins violent non ?



Concernant Refn, son Guerrier silencieux était déjà assez bidonné, mais je pensais toutefois aller voir Drive, assez aguiché par sa bande-annonce un peu michaelmannesque, mais vu vos critiques...

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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Lun 10 Oct 2011 - 15:39

oui, mais en prenant bien soin de distinguer "drive", la chose, le mot, et le film, de "the driver", la chose, le mot, et le film... sans parler ici des concepts...

(j'espère que je vais pas laisser brûler mes pâtes )

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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par careful le Lun 10 Oct 2011 - 15:52

jerzy P a écrit:Faut aller jeter un p'tit coup d’œil du côté des fun-winners, ça dépote.


Spoiler:
Je me suis pris une giga claque. J'ai trouvé ça franchement sublime, à mes yeux c'est un chef-d’œuvre, assurément un film-culte-né. Longtemps je n'avais plus vu une aussi belle mise en scène (et la bande-son qui va avec, j'étais quasi en extase du début à la fin), une atmosphère aussi belle (bien tendue quand il faut), mais alors Ryan Gosling, il est superbe, il fait le film, il EST le film. Ce personnage est juste mythique... Il ont vraiment créé quelque chose. Et même avec cette stylisation et ces accès de violence extrême, le film arrive à toucher car le parcours du héros tragique est magnifiquement raconté. Je n'ai franchement rien à redire, le prix cannois est une évidence (pour moi il aurait même pu avoir la Palme - on Palme bien Pulp Fiction et Taxi Driver), ce film est une pure bombe, j'ai eu du mal à me relever de mon siège tellement j'étais sur le cul.

6/6 évident - et mon premier de l'année.

EDIT: et il me FAUT cette BO NOW!



Première chose, que j'ai envie de dire très vite, je n'avais encore jamais vu jouer Ryan Gosling et je dois dire que j'ai été ébloui par sa performance. En tant que mâle hétérosexuel, je ne ressens quasiment jamais rien de physique pour un acteur, mais ici je dois avouer qu'il s'est produit quelque chose d'assez indéfinissable chez moi, comme un mélange de fascination et de pure admiration. Je pense être encore très loin du coming-out mais je dois dire que j'ai été scotché par ses moindres faits, gestes et paroles. Il est d'un magnétisme phénoménal.


Après le guerrier silencieux, le conducteur silencieux,.. Nicolas Winding Refn à fait le plus grand film des années 80 en 2011,.. mieux vaut tard que jamais,.. Un vrai-faux-faux-vrai faux film kitsch et ringard mais surtout un film étrangement bouleversant qui parvient à sauter de Somewhere de Coppola, à Blade runner, en passant par Collateral et Terminator (d'autres grands films sur Los Angeles eux-aussi), tout en jetant bien sur , un oeil du coté de la cote Est, dans le rétroviseur de Taxi Driver ; un kaléidoscope d'impressions et de références, à la foix subtiles et grotesques; d'ailleurs tout le paradoxe du film est la; c'est un film subtil très grotesque ou , peut-être , au contraire, un film grotesque et subtil, mais c'est en tous cas un très beau et grand film.

6/6


Oui, aujourd'hui, c'est pratique du lien social transversal, pour alimenter les shoutboxs.



ps: l'autre jour, je me disais que ce film (que je n'ai pas vu) pourrait sans aucun doute rentrer dans le panthéon des winners d'à côté.Un oeil du coté de la cote Est.ça n'a pas raté. Marlo. Extraordinaire Marlo. Par exemple.
Cette sélection mène aux rires, aux vomis vis à vis de ces individus. Pourquoi je les hais tant ? Film de culte est le documentaire le plus long et pénible que je connaisse. Sans doute la raison pour laquelle je n'arrive pas évacuer définitivement le survol de leurs interventions (que je ne lis qu'ici à présent, au gré de tes...quotes, Smile


Rien d'étonnant de constater que Scorsese, Kubrick, Ford aient enfanté nombre de réalisateurs de cette trempe.


Branson à côté de Valhalla Rising, Enter the Void (The Killer Inside Me; bien que là, l'oeil de Hal 9000 souffre de strabisme aigu ) & co, c'est une libellule sur un ganglion ano-recto.

Vous connaissez cette histoire de WB ? (c'est tout aussi cool de renommer à travers des initiales, il est vrai. Les miennes sont KK )
Prenons pour comparaisons cette forme de créature qui existe en Irlande et qu'on appelle un homme gombeen ou une femme gombeen. L'homme gombeen est tout à la fois maître-chanteur, informateur de la police, receleur, prêteur sur gages. Dans les petits villages, il tient souvent un magasin et fait discrètement pencher la balance quand l'aiguille va s'immobiliser au milieu...







à partir de 2min:


"Can't Fight This Feeling" de Réo Leventrevide donc:



Spoiler:
Laughing



Cette route de Santa Monica (dont parle la nouvelle gueule de cul d'Hollywood Ryan Gosling) je me la représente surtout lors de mes phases de jeu avec GTA 4. Me souviens d' errances nocturnes, sur la plage notamment, (rien à foutre des phases du jeu, des story lines de ce jeu, de ce jeu, DU jeu) aussi inoubliables que celles de Shadow of the Colossus ( grand intérêt pour moi le topic sic d'Erwan et toi)

D'ailleurs, je voulais vous demander sur le dit topic: vous aviez remarqué ceci ? (je me disais bien que ce thème reprenait un des vinyles de mon père,lol)

Spoiler:
La musique est écrite par la compositrice Michiru Ōshima et Kōichi Yamazaki (alias Pentagon). Le thème principal est inspiré du morceau Scarborough Fair de Simon et Garfunkel, qui fut utilisé sur une vidéo de présentation durant le développement. La musique n'apparait qu'à quelques moments-clés de l'aventure et le silence et les bruitages dominent l'ambiance sonore (bruits des pas, crépitement des torches, souffle du vent...). Le thème chanté du générique de fin, ICO: You Were There, est interprété par le jeune Steven Geraghty



erwan a écrit:
L'aspect violent du film, la tête éclatée (déjà dans VR, Lynch dans Sailor et Lula), et les autres gimmicks sanguinolents, est sans doute là pour exprimer l' impossibilité d'incarner le rôle du père autrement que de manière idéale, illusoire, enfin je ne sais pas trop.

Ce que je retiens. Ce que je souhaiterais isoler et confronter, après visionnage, avec le reste de ce type de films.

http://chrhc.revues.org/index369.html

L'université Sogang et Miramax doivent refourguer pas mal de ce ragoût dans leur cantines, depuis
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Leurtillois le Lun 10 Oct 2011 - 21:24

Hello Borges,

drive, c'est bien, (...)
oui, mais en prenant bien soin de distinguer "drive", la chose, le mot, et le film, de "the driver", la chose, le mot, et le film... sans parler ici des concepts...

(j'espère que je vais pas laisser brûler mes pâtes )

Oui d'accord, mais ça ne te fait rien, ça ne t'ennuie pas qu'un "mauvais" film (avec des guillemets pour distinguer du mal vul et du mal dit), raciste et pas particulièrement bien monté, soit en train de devenir film culte ?


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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par py le Lun 10 Oct 2011 - 22:25

les cultes, c'est sacré?
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mar 11 Oct 2011 - 9:59

oh, curieux, je savais pas; le livre dont est tiré le film a été écrit par james sallis, le frère de john sallis, un philosophe us que les amateurs de phénoménologie, de heidegger... de derrida (ils étaient même potes, je crois) connaissent bien ... la modification de l'horizon de réception du film change-t-elle le film...?

(à penser, parce que james sallis, c'est pas vraiment le premier gars stupide venu; rapport livre-film-scénario; le scénariste est iranien)



Sacré pays, avait dit Nino. Mouais, sacré pays. Tout est possible, ici, absolument tout. »

C’était vrai. À condition bien sûr d’avoir famille, relations, argent. Un système guère différent, au fond, des machines politiques qui avaient craché tous les Kennedy et permis de maintenir à leur poste le maire Daley et consort. Ou de celles qui avaient expédié Reagan et deux Bush sous les roues de la république pendant qu’on changeait les pneus.

« Même si, avait ajouté Nino – ils étaient alors en Arizona –, on a l’impression que Dieu s’est accroupi ici pour péter un coup et qu’il a craqué une allumette juste après. »


ce que vous dites du film ne ressemble pas à l'esprit de cet extrait...



l'avis de james sallis (vrai connaisseur de rock-blues, il est aussi musicien) sur le film :


Q: Switching gears a little, what did you think about "Drive" when you saw it?

A: I had not read the script because I didn't want to. I just wanted to see the movie. It was absolutely stunning, a great film. I mean great film in the way that I think people will be talking about this film for years. One of the reviews said, "This reminds us of why we love movies."

Q: Were you worried about them making "Drive" into a film?

A: No, it's their movie, they can do what they want to it. The book is still there. I'm so proud to be a small part of it. It's quite different from the book. What they managed to do is sort of pull the heart out of it. It's the same feeling, the same soul. It very much felt like my book to me.

You know, this is a movie that took a lot of chances. It could have gone wrong so easily. There were a lot of people really dedicated to doing it. Starting with Rob (Rosenwald) at Poisoned Pen in Scottsdale who published the book, and then to Marc Platt Productions. It was Ryan Gosling, though, who pulled it all together. He was the one who wanted Nick (Refn) to direct it. Then Ryan and Nick and Hossein Amini, the scriptwriter, moved in together in a house in Los Angeles and re-conceptualized the movie into a cohesive artistic statement.

Q: The soundtrack, which is filled with edgy electronic music, is getting some buzz, too. With your acoustic background, what do you think of the song choices?

A: It's not my kind of music, but it fits the film. You'd think that kind of music is going to be obtrusive, and it is in a few parts, but it needs to be. It's like the violence; it's so much a necessary part of the film. Cliff Martinez, who did the music, is perfect for the movie. As the casting is perfect, and the direction is perfect.




Dernière édition par Borges le Mar 11 Oct 2011 - 10:40, édité 2 fois
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Eyquem le Mar 11 Oct 2011 - 10:15

Après tout, il y a bien tout un paragraphe sur le clignotant des voitures dans Être et temps...


J'ai lu que Refn n'avait pas adoré le scénario et en avait supprimé ou réécrit 60%, pour faire le film à sa manière.
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mar 11 Oct 2011 - 10:52

Leurtillois a écrit:Hello Borges,

drive, c'est bien, (...)
oui, mais en prenant bien soin de distinguer "drive", la chose, le mot, et le film, de "the driver", la chose, le mot, et le film... sans parler ici des concepts...

(j'espère que je vais pas laisser brûler mes pâtes )

Oui d'accord, mais ça ne te fait rien, ça ne t'ennuie pas qu'un "mauvais" film (avec des guillemets pour distinguer du mal vul et du mal dit), raciste et pas particulièrement bien monté, soit en train de devenir film culte ?


hello Leurtillois; tu me connais assez pour savoir que c'est pas mon genre...je voulais juste dire qu'il ne fallait pas manquer le sens de pulsion dans "drive"...

bien monté :

on pourrait dire que cette obsession pour un film bien monté est en elle-même un peu raciste; après tout un raciste c'est un mec qui se croit super bien monté; non?

lier la réception critique de ce film à celle du film de bb; au fond, on a le même problème, de clôture; une certaine forme de fétichisme (là je vais pas en dire trop, lorinlouis a écrit un truc sur cette question), de dénégation du "réel" : la peinture d'un côté, le cinéma, la cinéphilie, la mise en scène de l'autre; le fétichisme comme on sait c'est une affaire de perte, de perte déniée, "l'expérience d'une perte irremplaçable; Comme si quelque chose d'immatériel était attaché à certains objets dont la perte fait un trou dans la trame de l'existence en raison de la valeur de jouissance qui y était attachée. Certains de ces objets ont reçu des noms en psychanalyse, objet transitionnel, objet fétiche, objet délirant, objet autistique"

(la loi, le sujet et la jouissance)

on parle pas mal d'autisme à propos du personnage..

drive objet autistique, image de la mise en scène et de son culte comme objet autistique?

"L'objet autistique et l'objet transitionnel ont un effet sédatif mais alors que l'objet transitionnel a pour fonctions non seulement d'adoucir le sentiment de perte mais aussi de "symboliser" la personne absente, l'objet autistique est quant à lui collé au sujet et paraît surtout lui permettre de s'animer et de fixer les pulsions, lesquelles sont chez lui envahissantes et non métabolisées par le langage. Par ailleurs, alors que l'objet transitionnel est le plus souvent doux, l'objet autistique est en général un objet dur et/ou qui peut être mis en mouvement."


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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mar 11 Oct 2011 - 11:05

Eyquem a écrit:Après tout, il y a bien tout un paragraphe sur le clignotant des voitures dans Être et temps...


J'ai lu que Refn n'avait pas adoré le scénario et en avait supprimé ou réécrit 60%, pour faire le film à sa manière.

hello eyquem

entretien intéressant avec Jsallis, même si ça date; ça date :



I grew up listening to blues, early rock and roll, country. My first love was classical: I studied trumpet, French horn and violin, put together a quartet for whom I wrote the music while in high school. Then I fell in love with folk music my senior year and taught myself guitar at college. Over the years I played with various bands; taught guitar and other stringed instruments, along with theory, for several years back in Texas. My listening may veer in a single day from Hawaiian guitar to Mozart concerti and Mahler symphonies to Bob Dunn's steel guitar on old western swing records to Blind Willie McTell, Bartok's quartets or Counting Crows.



The local population was largely black and the young Sallis' friends were exclusively colored up until the age of ten or so, when - to his puzzlement - he was told that he couldn't play with those friends anymore. A deep love of black literature and music runs throughout his work.

He describes his father as a freethinker, believes his mother may well have been schizophrenic. To this day, no one in the family talks about it. His heritage is largely French (the family name derives from Salle), and includes an Indian great-grandparent. It was while bed-sitting in London in the mid-sixties, eagerly devouring the complete works of Chandler and Hammett, that he began reading and translating poetry by Apollinaire, Ponge, Du Bouchet, Cendrars and Guillevic. Brother John is a philosopher, a friend of Derrida and an authority on Heidegger.

My brother is John Sallis, a philosopher who himself writes rather dense though fascinating books. His latest is one on painting, and dedicated to me. Each time one of us, John or I, publishes a new book, my uncle in Memphis buys a copy and donates it in our grandmother's name to her hometown library. So there's this tiny library in this tiny little town in Arkansas that has damned near everything I've written, and all these books by John on Heidegger and Merleau-Ponty and the nature of being, sitting there together looking out over the cotton fields and one-room churches. We call it the Archives.

http://www.theedge.abelgratis.co.uk/sallisiview.htm

oui, il est question de bagnole dans être et temps, mais pas des clignotants, plutôt des flèches de direction...
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Eyquem le Mar 11 Oct 2011 - 11:35

'jour Borges,
oui, il est question de bagnole dans être et temps, mais pas des clignotants, plutôt des flèches de direction...
ah, tu fais une différence ? Pour moi, les flèches de direction, c'était l'ancêtre des clignotants.

hello Leurtillois; tu me connais assez pour savoir que c'est pas mon genre...je voulais juste dire qu'il ne fallait pas manquer le sens de pulsion dans "drive"...

bien monté :

on pourrait dire que cette obsession pour un film bien monté est en elle-même un peu raciste; après tout un raciste c'est un mec qui se croit super bien monté; non?
Pour revenir au scénario-roman, la fille était latina dans le script ; c'est Refn qui a choisi Carey Mulligan pour le rôle (sans doute pour renforcer l'aspect conte de fées à la Grimm dont il parle dans ses entretiens : les héros de contes, qui s'aiment d'un amour pur, sont forcément blonds).

Ca paraît effectivement nécessaire d'élargir le sens du mot "Drive", puisque pour un film de courses auto, il y en a peu dedans : deux je crois. Celle qui ouvre le film. Celle du hold up raté. Et c'est tout. Celle de l'accident qui finit sur la plage compte pas vraiment. Bref, on est floué. La spectatrice a raison de porter plainte pour bande annonce mensongère.
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par careful le Mar 11 Oct 2011 - 11:55

ps: l'autobiographie de Chester Himes par J.Sallis est un vif souvenir pour moi. Passionnant.



Spoiler:
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mer 12 Oct 2011 - 12:06

vu le film, beaucoup de bruits pour pas grand chose; je ne le crois pas raciste...juste une jolie histoire romantique naïve avec de la musique électro pour créer des affects de solitudes adolescentes; les scènes de violence ne vont nulle part, ne mènent à rien; elles m'ont laissé complètement indifférent, plus encore que le personnage du driver; et pour cause, c'est juste des images; tout le film d'ailleurs, c'est des images. Comme on dit : il y a les gars qui tentent de filmer quelque chose, pour qui le filmage est intentionnel, et puis ceux pour qui filmer c'est filmer des images; les amis du réel, les amis des images; là, c'est même pas des images, c'est des images d'images ( apollonide) y a pas un seul plan dont la fonction ne soit de recognition interfilmique; la plus belle pour moi, c'est "shane", qu'avait déjà retravaillé le dernier batman, et qui avait été cité comme influence déterminante par le C de "a history of..." Y a la mère, le père, et le fils, et le gars venu d'on ne sait où; les temps ont changé, la famille, c'est plus de pauvres fermiers embêtés par je sais plus qui, de gros propriétaires?.... la mère élève le fils, seule, le père est un petit voyou, les gros propriétaires sont ce qu'ils ont toujours été de gros voyous... L'avantage de la bagnole sur le cheval, c'est qu'on peut écouter de la musique... et le monde s'absente, et on est si seul, et on disparait à l'horizon blessé, corps et âme... comme dans une chanson des smiths... on est vraiment très loin de la saleté de l'esprit, de l'âme du taxi driver de scorsese; c'est peut-être là, l'intéressant; un esprit vide, un esprit trop plein... c'est comme si la déluge avait tout nettoyé et que ne restait finalement que le vide autistique, le froid, la coolitude, la précision technique, abstraite, qui fascine tant les sociétés schizoïdes...






(cf devereux)








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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mer 12 Oct 2011 - 12:28

un truc qui met bien en évidence la philosophie du film, c'est ce blouson du héros, qui bien entendu doit nous rappeler d'autres du même genre, le veste en peau de serpent de je sais pas qui, de marlon brando, celle dans un film de carpenter, celle de NC dans SetL de lynch;


on est loin de welles, plus proche de l'imagerie rock-pop-sentimental-kitsch des années 1980, du fameux groupe scorpions






Gosling et refn se sont rencontrés dans un resto, à LA. ils ont pas trop parlé du film, pas même en fait, mais du cinéma en général.Après un moment, Refn a demandé à G de le conduire à la maison parce qu'il se sentait fatigué et surtout parce qu'il conduisait pas; en voiture, c'était étrange, calme; ils savaient pas quoi se dire; puis soudain, il y a eu à la radio ce classique des années 1980, qui a brisé la glace entre les deux gars, un eureka, vraiment : ‘I Can’t Fight This Feeling Anymore" de REO Speedwagon, rien de moins. Les voies de la création sont impénétrables. Comme ils causaient, gosling a voulu baisser le son; l'autre a dit "non laisse, c'est trop beau"; et il s'est mis a chanter. Et soudain, coup de génie, moment satori pop psychologie : “DRIVE” is about a man who drives around listening to pop songs at night because that’s his emotional relief.”


on écoute, et on comprend l'essence du film :










dans une autre version refn a pleuré en chantant : ‘This is what the movie should be about. This film should be about a guy who drives around Los Angeles at night listening to music because this is the only way he can feel.’ What was strange is that it was the same feeling I had had, too. And this was nowhere in the script. We were both struck by how the two of us being so wildly different could share the same dream. We wanted to make a movie that represented that moment in the car when REO Speedwagon was playing.”

quelle terrible ambition : un film qui saisisse l'unité de deux essences singulières dans le partage esthétique provoqué par une chanson de REO speedwagon...

après ça, on parle de violence?

un film fleur bleue


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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mer 12 Oct 2011 - 13:52




-le dos, les mains;et la chanson, dans les deux films; un homme s'en va, à la fin; si on faisait de la métaphysique et de la théologie du cinéma, on pourrait dire quelque chose de ces deux fins; bien entendu dans drive, elle est banale, celle du pape est un événement; ou peut-être pas... le pape nous tourne le dos; vers où? selon moi vers le jugement dernier, la fin des images dans l'image finale de MA; le driver, je sais pas... c'est plus flou... vers son image... son reflet, vers son écho... peut-être mieux... un des rares films dont on peut dire qu'il est vraiment situé dans un horizon sans dieu... mais son romantisme de la solitude est complètent immature... auto-complaisance...on pourrait dire...auto... car...

-le driver ressemble au personnage de bullit, même silence, même solitude, mais ce qui était encore un sommet de la coolitude, n'est plus ici que l'image sans attraction glamour du vide autistique... comparer les deux scènes du héros faisant ses courses; s'agirait-il d'une "déconstruction" psy de tous les supers vigilants des années 1970? d'autre chose?

-le film est moins putassier que les deux avant-derniers de cronenberg...de très loin...

-question : pourquoi une telle différence ente la bande son du livre et celle du film?

-On pourrait parler de la place du scorpion dans la bible, puisque nous sommes un peu dans le ton apocalyptique, qui ne révèle que le néant, on peut aussi dire que le film met en scène une esthétique du scorpion, une puissance d'engourdissement...


-la question, si on joint les deux affiches, où le pape et le scorpion semblent, s'affronter, nous tourner le dos, se tourner vers plus important, est de savoir comment lire, et s'il faut encore croire ce passage de Luc, chapitre 10, verset 17 : Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions."

le scorpion et jésus nous tournent le dos; c'est pas marrant...



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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mer 12 Oct 2011 - 15:44

Eyquem a écrit:
On devrait être content : "Drive" essaie de nous refaire de l'héroïsme à l'ancienne, avec son personnage de pilote-cascadeur, bras croisés, cure-dent au coin de la bouche, qui sauve la fille sans dire un mot de trop.







‘A Real Hero’

Real human being, being… (repeat)
and a real hero, hero… (repeat)

Back against the wall at odds
With the strength of the will and a cause
Your pursuits are called “outstanding”, though emotionally complex.

Against the grain of dystopic claims
of the thoughts your actions entertain, and you have proved to be

A real human being, and a real hero,
Real human being, and a real hero,
Real human being, and a real hero,
Real human being, and a real hero,
Real human being (repeat)

A pilot on a cold, cold morn,
One hundred fifty-five people on board,
All safe and all rescued,
From the slowly sinking ship.

All are warmer than his head so cool,
That guy knew just what to do, and you have proved to be

A real human being, and a real hero,
Real human being, and a real hero,
Real human being, and a real hero,
Real human being, and a real hero,
Real human being,
Real human being,

Real human being
(To fade)
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par py le Mer 12 Oct 2011 - 17:11

Chez Manchette, on écoutait du jazz west coast dans la voiture. Et la raison était à chercher dans les rapports de production. C'est un peu moins gnan gnan.

Et il arrivait parfois ce qui arrive à présent : Georges Gerfaut est en train de rouler sur le boulevard périphérique extérieur. Il y est entré porte d'Ivry. Il est deux heures et demie ou peut-être trois heures un quart du matin. Une section du périphérique intérieur est fermée pour nettoyage et sur le reste du périphérique intérieur la circulation est quasi nulle. Sur le périphérique extérieur, il y a peut-être deux ou trois ou au maximum quatre véhicules par kilomètre. Quelques-uns sont des camions dont plusieurs sont extrêmement lents. Les autres véhicules sont des voitures particulières qui roulent toutes à grande vitesse, bien au-delà de la limite légale. Plusieurs conducteurs sont ivres. C'est le cas de Georges Gerfaut. Il a bu cinq verres de bourbon 4 Roses. D'autre part il a absorbé, voici environ trois heures de temps, deux comprimés d'un barbiturique puissant. L'ensemble n'a pas provoqué chez lui le sommeil, mais une euphorie tendue qui menace à chaque instant de se changer en colère ou bien en une espèce de mélancolie vaguement tchékhovienne et principalement amère qui n'est pas un sentiment très valeureux ni intéressant. Georges Gerfaut roule à 145 km/h.
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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mer 12 Oct 2011 - 17:51

py a écrit:Chez Manchette, on écoutait du jazz west coast dans la voiture. Et la raison était à chercher dans les rapports de production. C'est un peu moins gnan gnan.

Et il arrivait parfois ce qui arrive à présent : Georges Gerfaut est en train de rouler sur le boulevard périphérique extérieur. Il y est entré porte d'Ivry. Il est deux heures et demie ou peut-être trois heures un quart du matin. Une section du périphérique intérieur est fermée pour nettoyage et sur le reste du périphérique intérieur la circulation est quasi nulle. Sur le périphérique extérieur, il y a peut-être deux ou trois ou au maximum quatre véhicules par kilomètre. Quelques-uns sont des camions dont plusieurs sont extrêmement lents. Les autres véhicules sont des voitures particulières qui roulent toutes à grande vitesse, bien au-delà de la limite légale. Plusieurs conducteurs sont ivres. C'est le cas de Georges Gerfaut. Il a bu cinq verres de bourbon 4 Roses. D'autre part il a absorbé, voici environ trois heures de temps, deux comprimés d'un barbiturique puissant. L'ensemble n'a pas provoqué chez lui le sommeil, mais une euphorie tendue qui menace à chaque instant de se changer en colère ou bien en une espèce de mélancolie vaguement tchékhovienne et principalement amère qui n'est pas un sentiment très valeureux ni intéressant. Georges Gerfaut roule à 145 km/h.

hello py, on compare parfois james sallis (spécialiste de jazz, aussi; il a écrit des trucs sur le sujet) et jpm; dans "a city equal to my desire" ("une ville à la mesure de mon désir" (ma traduction) ) on trouve une nouvelle : Concerto for Violence and Orchestra to the memory of jean-patrick Manchette...

ça commence comme ça : "It is a beautiful fall day and he has driven nonstop, two days chewed down to the rind and the rind spit out, from New York."



(pas lu; des sallis, je n'ai lu que john, le philosophe; mais je lis en ce moment même "drive"...)



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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Mer 12 Oct 2011 - 18:06

une autre piste intéressante, en terme de tonalité affective, d'effet d'immersion hypnotique, et de "culte" du vide; l'analogie m'est venue en lisant daney... c'est



à la place des dauphins, les voitures...

D(r)IVE
(mais au fond, y a pas les dauphins, ni les sirène, des requins )

à l'époque daney rapprochait pas mal "palombella rossa" et "le grand bleu"...



On n'arrête pas de se dissuader les uns les autres, d'être quelque chose. Je dis bien être, pas appartenir. Le grand bleu est un film intéressant là-dessus. Qu'on l'aime ou pas. Voilà quelqu'un qui appartient à 2 ou 3 catégories. C'est un mâle et il ne sait pas ce que c'est que la baise. Donc il est mal du point de vue physiologique. C'est un plongeur et il n'aime pas la compétition. C'est un plongeur solitaire. Il est deux choses ennemies. Il monte et il descend : c'est la masturbation de l'être. C'est un personnage touchant finalement. Il y a là de la mort qui n'arrive pas à se formuler et c'est plutôt les enfants qui ressentent ce message. (...) Alors la question devient : «Et le cinéma là-dedans ? Est-ce que cela va creuser l'individualisation réelle des gens ?» On va avoir affaire à des vrais personnages, à des vraies histoires, à des vraies perceptions, à des varies expériences. Cela va donner des films comme Border Line, comme Souvenirs de la maison jaune des films qui vont peut-être rassurer une partie de la population sur, disons, sa valeur morale, sa valeur éthique. Quand on n'est pas trop dos au mur, on peut alors prier pour un film qui ne trichera pas sur ce que c'est que la mort, la peur, la souffrance... tout ce que le monde télévisuel et publicitaire a pour mission, soit d'occulter, soit de présenter dans une version de catéchisme. Il ne faut pas croire : la souffrance est revenue.

(serge daney)



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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par lorinlouis le Mer 12 Oct 2011 - 19:03

Drive n'est pas vraiment une histoire de bagnoles. Au désespoir de certain(e)s...


Not all silver screen sensations fit their trailers. As some say, the better the trailer, the worse the film. But Michigan woman Sarah Deming is suing “Drive” film distributors, claiming that she was misled into buying a movie ticket and the film was not exactly what it was advertised as.

Deming’s lawsuit, filed September 27, cites “extreme gratuitous defamatory dehumanizing racism directed against members of the Jewish faith.”

She also felt that the movie was advertized as a “Fast and Furious” type movie, when she says it “bore very little similarity to a chase, or race action film … having very little driving in the motion picture.”

Deming is suing under a violation of the Michigan Consumer Protection Act. She wants her ticket refunded, but also wants the public to know about the “anti-Semitic” content (the movie features a Jewish gangster).

The abruptly violent, techno-driven film stars Ryan Gosling — who plays a movie stunt man by day and a get-away driver by night — through his romance and battles across sprawling Los Angeles.

The case may soon become a class action suit. The local news reported that she is inviting other disgruntled movie-goers to pick up her cause and sue as well.

The theater where Deming saw the movie is offering refunds on tickets if viewers don’t like the film and told the local news this “is an extremely frivolous law suit.”

http://dailycaller.com/2011/10/12/drive-to-the-court-house-but-not-so-fast-and-furious/
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Message par Borges le Jeu 13 Oct 2011 - 13:58

marrant le fox et le scorpion








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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Ven 14 Oct 2011 - 14:12

l'enseigne de la pizzeria de nino dans le livre de james sallis :

NINO’S PIZZA
(RESTAURANT IN BACK)
719 E. Lynwood
(480) 258-1433
WE DELIVER



Dans le film le "nino’s pizza" est devenu "nino’s pizzeria", mais l’humour, le jeu de sens de James sallis ne sont pas complètement effacés ; je ne leur aurais sans doute pas trop prêté attention, si après que eyquem a parlé de la fable déterministe du scorpion et de la grenouille racontée par welles dans Mr arkadin ( le héros de "la dame de Shanghai" l’énoncait de manière plus directe : When I start out to make a fool of myself, there's very little can stop me), je n'avais pas pensé que le titre du film pouvait se lire "Trieb".

Lacan s’était souvent plaint, pas à moi, de ce que le français ne possédait pas de terme aussi fort que « drive » pour traduire « Trieb » ; pour rire, il a même proposé « dérive » comme traduction désespérée.

(ce qui peut aider pour le film, qui est aussi une dérive...)

Mais c’est pas l’intéressant. Ici, l’intéressant c’est l’enseigne, et le fait que eyquem m'a dirigé avec son histoire de scorpion et de grenouille vers le conatus, vers spinoza donc.



NINO’S PIZZA

dans cet horizon, l’enseigne contient un anagramme, qu’il faudrait être idiot pour ne pas remarquer, de "SPINOZA".

(Nino est juif n’oublions pas.)

Si rien dans le film n’appuie cette lecture, il y a dans le livre un passage plus qu’explicite, celui où le narrateur nous parle de sa mère (très étrange, psychiquement malade, elle a tué le père de "driver" dans un accès de violence psychotique explosive, soudaine, qui semble le modèle de ses propres passages à l'acte) :

"For a time she’d been obsessed by insects. Whenever she found one crawling, she’d cover it with a water glass and leave it to die. Then (in his father’s words) she “took up with” a spider that established a web in one corner of the tiny half-bath (…). She’d catch flies in her hand and throw them onto the web (…)


le lien spinoza, mouches, araignées est un lieu commun :

"
Lorsqu’il lui arrivait de se trouver fatigué pour s’être trop attaché à ses méditations philosophiques, il descendait pour se délasser, et parlait à ceux du logis de tout ce qui pouvait servir de matière à un entretien ordinaire, même de bagatelles. Il se divertissait aussi quelquefois à fumer une pipe de tabac ; ou bien, lorsqu’il voulait se relâcher l’esprit un peu plus longtemps, il cherchait des araignées qu’il faisait battre ensemble, ou des mouches qu’il jetait dans la toile d’araignée, et regardait ensuite cette bataille avec tant de plaisir qu’il éclatait quelquefois de rire. Il observait aussi avec le microscope les différentes parties des plus petits insectes, d’où il tirait après les conséquences qui lui semblaient le mieux convenir à ses découvertes."

(colerus-lucas, biographies de spinoza)


On ne sait pas si Spinoza donnait des noms à ses araignés, comme le faisait la mère de driver; son araignée favorite s’appelait Fred raconte "driver", alors que lui, la plupart du temps, quand elle s’adressait à lui, elle ne l’appelait jamais que « boy » :" Need any help with schoolwork, boy? Got enough clothes, boy? You like those little cans of tuna for lunch, right, boy? and crackers?”

(le driver est un enfant)

c'est peut-être là qu'il faut chercher la raison de son identification au scorpion.



le film a remplacé un arachnide (araignée) par un autre (scorpion); pq? A cause de spiderman ; du film de cronenberg ?

je disais que rien dans le film ne reste de spinoza; c'est pas exactement exact, il y a le prénom du petit garçon, à qui driver s'identifie évidemment (dans le roman son père est cambrioleur) : Benicio, variante de Bénédict (prénom de spinoza)

spinoza le hell boy




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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par Borges le Ven 14 Oct 2011 - 17:47

dans le roman driver a un pote scénariste avec qui il discute parfois :Manny Gilden; ils causent de celan, borges, V woolf...

"Manny’s latest project was about the Holocaust and he was thinking of Paul Celan: There was earth inside them, and they dug. These people seemed somehow to have dug free."



le livre s'ouvre sur une citation religieuse, et il y est question du sentiment de la grâce deux fois, au moins :

"
Almighty God, unto whom all hearts are open, all desires known and from whom no secrets are
hid. Cleanse the thoughts of our hearts by the inspiration of thy Holy Spirit, that we may perfectly
love thee, and worthily magnify thy Holy Name; through Christ our Lord. Amen"

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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

Message par balthazar claes le Mar 18 Oct 2011 - 11:33




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Re: Drive (Refn) : parler ou conduire

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